Joel Viana: Ce que je crois; De La lutte pour le pouvoir et de L’absence de la diaspora dans le processus de developpement …. - 14-05-2009
« La politique vue avec la perspective d'un intellectuel diffère beaucoup de la pratique. Dans un cas, c'est un exercice de la pensée critique, dans l'autre une lutte pour le pouvoir » [Mario Vargas Llosa]
La vie politique de notre pays a connu un évènement singulier que constitue l’arrestation de M. Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du Chef de l’Etat M. Faure Gnassingbé. Cette situation a donné lieu bien entendu sur ce site à bien de réflexions et débats auxquels j’aimerais apporter ma modeste contribution.
Au delà de ce drame, c’est la réalité de la lutte pour le pouvoir qui se montre dans toute sa cruauté. On ne saurait reprocher ni à l’un ni à l’autre de vouloir prendre ou garder le pouvoir, ce fameux pouvoir pour lequel l’être humain serait prêt à tout ?
Un proverbe africain dit ceci : « C'est celui qui n'a jamais exercé qui trouve que le pouvoir n'est pas plaisant ». C’est parce qu’il est plaisant que les hommes se battent pour le prendre, ou le garder à tout prix. L’histoire du Togo est tout simplement l’histoire de l’humanité.
Mais cette situation est pour moi l’occasion d’interpeller les dirigeants politiques togolais dont le chef de l’Etat..
M. Faure Gnassingbé au sommet de l’Etat togolais depuis 2005 a fait un certain nombre de promesses et pris des engagements dans le sens d’une plus grande implication de la diaspora dans le processus de développement du Togo. Je formule l’éternel souhait que les autorités togolaises se penchent sur ce dossier dont nous attendons tous de pied ferme les résultats.
Je crois qu’avant de parler des élections présidentielles de 2010, il faudra parler du bilan de M. Faure Gnassingbé à la tête de l’Etat, un bilan objectif et non partisan. Je le juge personnellement insatisfaisant et frustrant car la diaspora togolaise reste et demeure sur sa faim.
Le deuxième point de mon analyse concerne la capacité de l’UFC à diriger le Togo si jamais elle « gagnait » les élections. C’est un sujet sensible, voire tabou. Ma conviction est que, l’UFC bien qu’elle soit un grand parti n’est pour autant pas capable de diriger seule le Togo.
La logique de l’opposition est différente de celle de l’exercice du pouvoir. Sur ce plan, l’UFC pèche par son manque cruel de pratique du pouvoir.
La seule logique sage et digne de bon sens est selon moi celle de la constitution d’un gouvernement d’union nationale qui permettra de mettre en ouvre une véritable politique de réconciliation et de confiance entre les ethnies et composantes de la société togolaise avant d’organiser des élections présidentielles.
Ce gouvernement sera constitué sur la base de compétences, et pourront y figurer des personnalités indépendantes sans parti politique.
A ce sujet, je revendique ma « naïveté » qui selon Victor Hugo « est le visage de la vérité »
Je ne suis pas convaincu de la façon dont cette « réconciliation » est orchestrée actuellement.. Elle ne donnera pas les résultats escomptés. Une véritable dynamique de réconciliation demande la participation de toutes les composantes de la société togolaise y compris de la diaspora togolaise.
J’en appelle donc à la sagesse du chef de l’Etat M. Faure Gnassingbé de tout mettre en ouvre pour que les promesses, toutes les promesses soient tenues en ce qui concerne la question de la diaspora.
Je ne m’attarderai pas ici sur le contenu de l’Accord Politique Global à ce sujet.
Ma proposition pour 2010 est de constituer ce gouvernement d’union nationale dont le mandat sera déterminé, et de ne pas organiser d’élections présidentielles ; Créer une commission de réconciliation et vérité, permettre le retour des exilés et adversaires politiques comme François BOKO.
La seule lutte qui vaille la peine actuellement est celle pour la paix, la fin de toute forme d’impunité, la cristallisation de la nation togolaise autour d’idéaux de lutte contre la pauvreté, de développement, de la vraie place de l’armée togolaise au sein de la société togolaise.
« Du bon sens, il y en avait bien, mais il se tenait caché par peur du sens commun » [Alessandro Manzoni]
Vouloir aller aux élections et « gagner » est certes un acte louable, qui satisfait l’orgueil, l’esprit de revanche ou même de vengeance. Mais cela servira t’il véritablement le peuple togolais ? Les résultats de ce nième scrutin seront-ils différents des précédents ?
Des élections gagnées ou perdues par un tel ou une telle vont elle faire ressusciter les morts et enterrer à jamais les ressentiments, les frustrations et les années de misère ?
Le bon sens seul peut nous épargner bien de misères encore, si les dirigeants de notre pays, si le RPT arrêtait un peu de jouer au plus fort, si l’UFC arrêtait de jouer au plus beau et au plus intelligent, ou au plus intègre. Je sais par expérience qu’il n’y a pas de politique propre.
Si tous les enfants de ce pays se retrouvaient juste pour remettre le train sur les rails et dans la bonne direction, ce serait plus louable que mille élections « gagnées ».
Encore une fois je revendique ma « naïveté, » mais suis aussi étourdi que cela ? Cela est il impossible pour le togolais ?
J’appartiens à cette diaspora qui souhaite que les vieux démons disparaissent et que le Togo redevienne un pays qui sème la joie dans les cœurs de ses fils et de ses filles du sud au nord.
J’appartiens à cette diaspora qui prône le dialogue et la raison plutôt que la lutte des partis et des hommes pour un éphémère pouvoir qui en réalité n’appartient qu’au peuple.
Laissons le bon sens et la raison guider nos actes et puisse la diaspora togolaise prendre enfin la place qui est sienne au sein des instances de la République.
Vive la diaspora togolaise, vive le Togo notre pays.